tafasabar, percussions et culture africaine pour un epanouissement de l'enfant
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LE MATERIEL

Pour ses prestations, Moustapha Gueye vient avec tous ses instruments ainsi que les éclairages, le matériel son, les supports de percussion pour les plus petits, les costumes, les décors et toute la joie de vivre de son équipe...


Les percussions font partie de la culture africaine. Elles sont un moyen de rassemblement, de circulation des énergies, de dialogue entre générations, entre ethnies même et favorisent la transmission culturelle, essentiellement orale jusqu’à aujourd’hui en Afrique de l’Ouest.


La naissance d'un instrument

Fabriquées à partir de matière vivante, les percussions sénégalaises sont très proches de la nature, de sa sonorité et de son rythme. Le bois, la peau, la fibre transmettent à chaque fois qu’ils sont sollicités à eux seuls toute l’histoire du pays. Mais ces sons ne s’entendent pas uniquement quand les musiciens s’emparent de leurs instuments, ils font partie intégrante du quotidien africain. Quand les femmes pillent le mil et le sorgho, et de leurs longs pillons écrasent dans le fond des mortiers le mil, s’éparant ainsi la graine de l’ivraie, c'est toute une ambiance de fête où les chants ("pillons pan pan, pillons gaiement") bercent les bébés portés dans le dos, les imprègnant ainsi des rythmes qu’ils suivront tout naturellement à l’âge adulte.
Mais bien avant que l’harmonie ne se crée autour d’un groupe de percussionnistes, les sculpteurs déjà, en creusant le tronc de l’arbre, donnent à l’instrument ses premiers battements de cœur.
Et celui qui polira sa surface
lui insuflera son premier souffle de vie…


Chaque instrument est fabriqué selon une méthode particulière et le choix du bois ainsi que les techniques de tension de la peau différent d’un instrument à l’autre, en fonction souvent de son origine et de l’abondance de certains bois dans certaines régions.
 
LES SABARS

Le Sabar, est un fût de bois (généralement de fromager) recouvert d’une peau de chèvre tendue à l’aide de chevilles en bois également et des cordes qui permettent de l’accorder. Il se joue avec une main et dans l’autre, une baguette de sump ou de daqar (tamarin). A l’origine, le sabar est l’instrument des griots wolofs, lébous et sérères. C’est aussi le terme qui sert à nommer les fêtes traditionnelles. Mariages, baptèmes, Tanneber (fêtes nocturnes), Kassak (circoncisions), Lamb et Mbapaat (lutte sénégalaise), Simbu (fête du faux lion), Ndëpp (rituels thérapeutiques) ne sont pas dissociables de ces instruments qui rythment et accompagnent les louanges, les danses, les chants. Sabar est le nom générique pour désigner ce type d’instrument. Il en existe de différentes tailles et de différents modèles, dont voici un aperçu :

Le Tungune : c’est le plus petit des Sabar. Il accompagne dans la gamme des aigus.
Le Mbëng-mbëng est un sabar moyen. Il sert également pour l'accompagnement.
Le Nder : c’est le plus allongé, le plus grand. C'est le sabar du soliste.
le gorong-mbabas : est un gros sabar au son sec, son fût est fermé à la base. Il est utilisé également par le soliste.
Le Thiol : gros sabar dont le fût est fermé, au son sourd, est la base du rythme, il "tulli" c'est-à-dire qu'il soutient ou dialogue avec le premier soliste. A travers les rythmes et les solos, le batteur de sabar exprime des sentiments, des valeurs, des traditions qui sont ressentis par les auditeurs qui partagent la même culture.
Les "bàkk" sont de véritables phrases musicales qui reprennent les tonalités sonores d'une phrase prononcée en wolof. Le sabar parle, son langage est connu des griots mais aussi en partie de l'ensemble des sénégalais. Les griots peuvent s'appeler par leur nom en jouant la devise attachée à tel ou tel patronyme, ils peuvent aussi plaisanter en reprenant des phrases chantées. Il s'instaure alors un véritable dialogue musical entre griots.
LE DJEMBE

Tendu d'une peau de chèvre, le djembé a un fût en bois en forme de calice ouvert à la base. Autrefois, la peau de ce tambour était tendue à l'aide de cales en bois enfoncées dans les entrelacs des cordes cousues à même la peau. Aujourd'hui la peau est tenue entre deux ou trois cerceaux de fer auxquels on attache et noue une corde qui servira à accorder l'instrument. Le djembé est joué avec les deux mains, les trois notes de base sont la claque, la tonique et la basse. Les rythmes du djembé ont des noms qui sont reconnus à travers toute l'Afrique de l'Ouest, principalement au Mali, au Burkina Faso, en Guinée, au Sénégal. Mais selon le pays d'origine, les rythmes sont interprétés différemment en fonction de la culture musicale d'origine du musicien. Le joueur de djembé peut y fixer sur son instrument des sonnailles, encore appelées "oreilles" ou ñanamas.
 

LE JUNG-JUNG

Le Jung-jung est un cylindre en bois dont les deux extrémités sont recouvertes d'une peau de vache. Le jung-jung, encore appelé dun-dun ou dum-dum selon les pays est le gros tambour de basse qui accompagne les djembés. C'est lui qui supporte et détermine le rythme de l'ensemble des percussions. De petite taille, il est appelé Kenkelin, il a un son plus aigu. De taille moyenne, c'est le Sambang.
Le jung-jung se joue avec un bâton dans une main, et une petite barre métallique (ou une bague) que l'on frappe avec l'autre main sur la cloche en métal fixée sur le haut du tambour.
 

LE BUGARABU

Le bugarabu est composé de trois à quatre tambours aux fûts allongés. Placés les uns à côté des autres, leurs sons s'accordent entre eux. Les fûts sont tendus de peaux de vache au son plutôt sourd. Le joueur de bugarabu se place debout, et joue avec les mains dont les poignets sont ornés de grelots.Le bugarabu est originaire de la Casamance (Sénégal).
 

LE TAMA

Tambour d'aisselle à deux peaux, c'est le tambour "parleur". Le tama se joue avec le bout des doigts et un petit bâton recourbé. La peau du tama est celle du Varan ou du serpent. En pressant les cordes à l'aide du bras, le joueur de tama, modifie la sonorité de l'instrument. Le tama est principalement utilisé au Sénégal par les orchestres modernes mais encore par les griots traditionnels en accompagnement du chant. On trouve également des tama au Mali, ils sont de plus grande taille et joué en position assise ou accroupie.
 
LE SEORUBA

Plus fin qu'un Sabar, son montage ressemble pourtant à celui de cet instrument. Le séoruba, au son sec, se joue avec la main et une courte baguette de sump. Comme pour le sabar, il existe une batterie de séoruba : allongé pour le soliste, moyen (basse) et petit (kutuur) pour l'accompagnement. Au Sénégal, ce sont principalement les sérères et les socés qui l'utilisent pour la danse.
 
LE XIIN

Le fût est droit et largement ouvert. Il est monté avec une peau de chèvre selon la même technique que les autres sabar. Le Xiin est une sorte de Sabar, utilisé par les Baay Fall, disciples de Cheikh Ibrahima Fall. Ils représentent une confrérie musulmane très importante au Sénégal. A l'image de leur chef spirituel, ils s'habillent avec des boubous colorés en patchworks, en signe d’union des différences et d'abnégation de soi. Contrairement à la doctrine orthodoxe de l'Islam, les Baay Fall jouent de la musique, exclusivement du Xiin.
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